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Cellule PCF ''Plantive'' de Saint-Saulve

Pour ceux dont le travail n'a jamais été FICTIF, les salaires ne bougent pas: encore moins pour les retraités.

14 Février 2017, 11:12am

Publié par Cellule PCF de Saint-Saulve

ceux-là, ne connaissent pas le travail fictif!
ceux-là, ne connaissent pas le travail fictif!ceux-là, ne connaissent pas le travail fictif!

ceux-là, ne connaissent pas le travail fictif!

La hausse des salaires, un tabou difficile à briser dans la campagne présidentielle

par SÉBASTIEN CRÉPEL ET CLOTILDE MATHIEU - L'HUMANITÉ

Les salaires de base auraient davantage ralenti dans les entreprises les plus concernées par le Cice.

Tandis que le niveau des salaires est la principale préoccupation des salariés, rares sont les candidats à la présidentielle qui proposent de les revaloriser, à l’exception de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Hamon. Les autres préfèrent des mesures fiscales contournant la question d’une autre répartition des richesses.

C’est le grand tabou de la campagne présidentielle. Pourtant, le niveau des salaires, cité à plus de 30 %, est la principale préoccupation des salariés, selon un récent sondage Ipsos.

Or, rares sont ceux qui se risquent à proposer ne serait-ce qu’un coup de pouce au Smic, qui s’élève à 1 150 euros net. À gauche, seuls Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon proposent des revalorisations salariales. Le candidat de la France insoumise promet une hausse du Smic à 1 700 euros brut dès 2017, puis à 1 700 euros net à la fin du quinquennat, quand le promoteur du revenu universel s’engage à augmenter le salaire minimum et l’indice de la fonction publique de 10 %, soit environ 150 euros brut de plus par mois.

Le PCF, qui soutient la candidature de Jean-Luc Mélenchon, propose, quant à lui, dans le cadre de son propre projet, la France en commun, une hausse immédiate à 1 800 euros brut, pour atteindre 1 700 euros net en 2022.

Un relèvement du Smic d’autant plus nécessaire qu’il a progressé, une fois la hausse des prix déduite, de seulement 3 % de 2012 à 2015. D’autres, à défaut de proposer des augmentations du salaire de base, cherchent à compenser les pertes de pouvoir d’achat des ménages qui, de 2008 à 2015, se sont montées à   1 630 euros, soit 230 euros par an, selon les calculs de l’OFCE. Une sorte de contournement pour répondre à l’urgence sociale, mais qui épouse la thèse selon laquelle rémunérer le travail pénaliserait la compétitivité des entreprises.

« Certains ont la volonté de baisser les impôts tandis qu’il faudrait plutôt augmenter les salaires. Baisser les impôts, ça équivaut à prendre l’argent ailleurs. Donc, le salarié est encore perdant », mettait en garde cette semaine le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, devant les salariés d’une usine menacée de la Creuse.

Ainsi d’Arnaud Montebourg, qui s’affiche en « candidat de la fiche de paie » Et de promettre une baisse de la CSG de 600 à 800 euros sur les bas salaires jusqu’à 1,3 Smic, ce qui introduirait une part de progressivité dans cet impôt qui participe au financement de la Sécurité sociale.

L’ex-ministre de l’Économie veut également remettre en place la mesure phare de Nicolas Sarkozy, la défiscalisation des heures supplémentaires, que le pouvoir socialiste a supprimée.

Une proposition qu’il dispute à Manuel Valls, sauf que, pour ce dernier, elle constitue la seule mesure de son projet concernant les rémunérations, et ce pour un gain moyen somme toute modeste évalué en 2011 à 42 euros mensuels par salarié concerné.

Quant à Vincent Peillon, la question des salaires est quasi-absente de son programme, hormis le plafonnement à 20 % du salaire mensuel du montant de la taxe d’habitation, soit un impôt local maximum de 220 euros annuels pour un salarié au Smic.

Les candidats à la primaire PS ménagent les entreprises.

À part J-L Mélenchon et, parmi les prétendants à la primaire PS, Benoît Hamon, les programmes des principaux autres candidats de gauche ont pour point commun de ménager les entreprises, et donc de laisser intacte la répartition entre salaires, profits et dividendes. Or c’est là que le bât blesse.

Une étude de la Banque de France, publiée en 2015, portant sur la répartition du revenu des entreprises, montre ainsi qu’entre 1998 et 2013, si la part accordée aux salaires est restée sous la barre des 60 %, atteignant même en 2008 avec 53,4 % son niveau le plus faible, en revanche la part des profits consacrés aux dividendes a tout simplement doublé en passant de 4,6 % à 9,5 %.

« Cette augmentation s’est faite dans un premier temps au détriment des salariés », puis « les entreprises ont préféré sauvegarder le niveau des dividendes au détriment de leur capacité d’autofinancement », observe la Banque de France. Ce qui a nui à la capacité des entreprises à investir. Une politique qui a porté ses fruits, puisqu’en 2015, la France est devenue le pays d’Europe le plus « généreux »… avec les actionnaires, les sociétés françaises ayant distribué 47 milliards de dollars de dividendes en 2015, devant l’Allemagne (34,2 milliards), l’Espagne (23,1 milliards), l’Italie ou les Pays-Bas (9,6 milliards).

Afin de parvenir à ce résultat, les actionnaires ont pu bénéficier du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), une manne de 20 milliards d’euros annuels octroyée sans aucune contrepartie.

Or, selon une étude de la Dares (services statistiques du ministère du Travail) le CICE n’a pas eu « d’effet significatif sur la dynamique des salaires de base depuis 2013 », les entreprises ayant fait le choix de restaurer leurs marges. Selon l’Insee, leur taux de marge moyen est ainsi remonté à 31,1 % de leur valeur ajoutée sur les trois premiers mois de l’année, le plus haut niveau depuis quatre ans. Pis, les salaires de base auraient davantage ralenti dans les entreprises les plus concernées par le CICE.

La Dares estime possible que les entreprises aient voulu « maintenir leurs salariés sous 2,5 Smic afin de continuer à percevoir le CICE ou ne pas les augmenter pour ceux rémunérés juste au-dessus »

Si le choix de Manuel Valls de ne pas proposer d’augmentation de salaires est donc cohérent avec son orientation libérale de baisse du « coût du travail » il est plus surprenant de la part de ceux qui prétendent incarner la rupture avec le quinquennat finissant. Mais cette option d’en passer par des mesures fiscales plutôt que par des hausses de salaires soulève un autre problème: car si ce ne sont pas les employeurs, qui financera les gains de pouvoir d’achat? Arnaud Montebourg y répond par une taxe sur les profits des banques et la baisse du CICE, ce qui épargnera les ménages. Les choses sont plus floues pour Vincent Peillon et Manuel Valls, qui n’indiquent pas comment ils financeront précisément leurs mesures.

Le jeu de bonneteau de Macron, Fillon et Le Pen

Mais que dire, alors, de la proposition d’Emmanuel Macron de supprimer les cotisations maladie et chômage des salariés pour diminuer « l’écart entre le salaire brut et le salaire net », en leur substituant une hausse de 1,7 points de la CSG, payée par les salariés mais aussi par les retraités, dont une grande part se verraient ainsi mis à contribution à la place des employeurs? Outre le gain très faible que cache l’aspect spectaculaire de la mesure (22 euros par mois pour un Smic), le financement de la protection sociale en serait à nouveau gravement affecté.

Pas étonnant que François Fillon et Marine Lepen partagent la même philosophie ultra libérale, le premier proposant comme Macron la suppression de la cotisation maladie (11 euros par mois de gain au niveau du Smic), quand la seconde devrait reconduire de manière « exceptionnelle » car « temporaire » sa mesure de 2012 d’une augmentation de 200 euros jusqu’à 1,4 Smic, financée par une réduction des cotisations sociales pour un coût estimé d’environ 20 milliards, elle-même compensée par une taxe sur les produits importés, elle-même payée par… les consommateurs que sont les salariés et les retraités.

Un jeu de bonneteau où la Sécu perd et le capital gagne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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