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Cellule PCF ''Plantive'' de Saint-Saulve

Et Pendant ce temps, Macron - Philippe – Buzyn et les autres laissent couler le navire pour laisser la place au privé !

18 Janvier 2020, 08:24am

Publié par Cellule PCF de Saint-Saulve

Johan Rimbert, 32 ans, affirme qu’il ne renouvellera pas son contrat avec l’hôpital public. Le jeune médecin entend quitter l’hôpital en novembre pour s’orienter vers le libéral. © Photo La Nouvelle République

Johan Rimbert, 32 ans, affirme qu’il ne renouvellera pas son contrat avec l’hôpital public. Le jeune médecin entend quitter l’hôpital en novembre pour s’orienter vers le libéral. © Photo La Nouvelle République

Johan Rimbert, jeune médecin de 32 ans à l’hôpital de Niort où il est entré l’année dernière pour un contrat de deux ans, sait déjà qu’il va quitter l’hôpital public en novembre prochain, au terme de son engagement.

Aucun chiffre n’a été publié sur l’ampleur de cette vague, mais le ressenti des praticiens hospitaliers est sans ambiguïté sur le sujet : on assiste à un phénomène de départ des jeunes médecins sans précédent.


Ce Toulousain qui, de ses études supérieures dans sa ville rose en passant par son internat de Poitiers, s’était trouvé une place intéressante après des stages à l’hôpital de Niort pour, dit-il, « continuer à me former et affiner mes compétences », a une réponse sans appel à la raison de son choix : « Il y a un manque de considération salariale évident, je gagne 11,50 € de l’heure, autrement dit 2.200 € nets par mois, prime de 400 € d’exclusivité au service public comprise.


Et à bac + 11, je ne vois pas mon salaire évoluer ». Si dans son service de labo d’anatomie et de cytologie pathologiques, il reconnaît « vivre dans une bonne ambiance, sans le stress social non plus des services qui ont des patients », il aspire désormais à « aller voir ailleurs ce qui se passe, dans le libéral où les conditions sont plus intéressantes », à l’issue de ce bail de deux ans.

Sous la photo « hôpital Niort » « Je sais que ça peut générer des difficultés mais si on ne fait pas bouger les choses le paquebot est en train de couler », confie le docteur Karine Boyé, chef du service du laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologiques à l’hôpital de Niort. © Photo La Nouvelle République

Sous la photo « hôpital Niort » « Je sais que ça peut générer des difficultés mais si on ne fait pas bouger les choses le paquebot est en train de couler », confie le docteur Karine Boyé, chef du service du laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologiques à l’hôpital de Niort. © Photo La Nouvelle République

Parmi les six médecins Niortais signataires de la lettre de démission de leurs fonctions administratives à la ministre de la Santé, Karine Boyé témoigne.

 

Je crois en l'hôpital, jem'engage !

 

Parmi les plus de 1.100 médecins, 600 chefs de service, signataires en France, lundi, d’une lettre de démission collective à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, figurent six Deux-Sévriens, tous en fonction à l’hôpital de Niort (1).

Comme leurs homologues, ils jugent insuffisantes les propositions du Plan urgence annoncées le 20 novembre par la ministre pour les hôpitaux publics, dénoncent un manque de moyens humains, salariaux et matériels. Ils menacent d’envoyer leur lettre de démission de leurs fonctions administratives si des négociations ne sont pas engagées d’ici au 31 janvier.


« Le paquebot est en train de couler » C’est dans ce contexte que la ministre de la Santé va recevoir, ce vendredi 17 janvier, les premiers médecins signataires de la lettre. À l’hôpital de Niort, seule le docteur Karine Boyé, chef du service du laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologiques, a accepté de témoigner : 

« Ce n’est pas facile de signer une telle lettre, parce que ça met en cause la raison pour laquelle on s’est engagé dans un établissement public et cela va générer des difficultés d’organisation, ce n’est pas ce que je veux en soi mais si on ne fait pas bouger les choses, le paquebot est en train de couler. Nous ne sommes pas forcément dans le service le plus à plaindre, nous sommes dans un hôpital dynamique où il y a de l’écoute à l’administration, mais il s’agit d’un engagement national pour sauver l’hôpital public. Cela ne peut être que bénéfique pour la direction d’ici si des médecins s’engagent aussi. Or, je crois en l’hôpital alors je m’engage ».


Des mails d’insultes de collègues à bout. Elle ne blâme pas ses collègues, elle sait que ce n’est pas facile non plus de sortir du bois. L’une de ses homologues médecins, chef de service également, arrêtée, en burn-out, lui a même confié par SMS qu’elle ne l’aurait pas signée, cette lettre, n’y croyant plus.


L’absence de concertation a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Cette première, en quinze ans de présence à l’hôpital de Niort, cinq en tant que chef de service, cette native de Niort l’assume tout en sachant que la musique qui joue sur la corde sensible de la conscience professionnelle est insupportable. « À un moment, on se sent abandonné, mais la grève des soins est impossible pour nous. »                  Douloureux paradoxe.


Dans son service qu’elle juge plutôt bien loti par rapport à d’autres, dans ce labo où l’on diagnostique essentiellement les cancers à partir des prélèvements de tissus, elle a pris la mesure du cancer qui ronge l’hôpital public. Elle a vu passer ces mails d’insultes entre homologues praticiens à bout, au bout du bout de leurs gardes, cherchant en vain une solution pour un patient.


Elle a vu « se dégrader les conditions en dix ans ». Elle observe les départs de jeunes collègues vers les sirènes de la médecine libérale (lire ci-dessous). Alors si Karine Boyé doit quitter ses fonctions administratives, ne plus représenter son service auprès des directions financière et de qualité, ne plus participer aux réunions de projets, aux achats ni veiller à la cohérence du planning… elle y mettra aussi une grosse dose de courage.


(1) En Deux-Sèvres, six médecins du C.H Niort ont signé ce courrier, Karine Boyé, donc, et Odile Camard, pédiatre et co-chef du service pédiatrie ; Sylvie Combes, spécialiste en médecine physique ; Nadine Favreau-Hassi, responsable de l’unité fonctionnelle ambulatoire ; Pierre Lureau, chef du service de biologie médicale ; Simon Sunder, chef du service de maladies infectieuses.

 

                                                                                                    Partager cet article

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