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Cellule PCF ''Plantive'' de Saint-Saulve

Publié depuis Overblog et Twitter

30 Avril 2020, 18:48pm

Publié par Cellule PCF de Saint-Saulve

PAUVRE ÉDOUARD...

 

À un moment (un bref moment, je vous rassure), pendant les deux heures interminables du service après-vente flou de la conférence de presse d’Édouard Philippe et d’Olivier Véran, j’ai eu pitié du Premier ministre.

J’ai eu pitié parce qu’Édouard Philippe avait l’air désorienté. J’ai réfléchi à ce que je savais de lui : il fait de la boxe, il écrit des polars, il est ou il était, on ne sait plus aujourd’hui, très libéral. Il est aussi un élu de terrain, maire d’une grande ville.                                                                      C’est-à-dire qu’il est un des rares dans ce gouvernement purement technocratique de bras cassés blogueurs et startupers, à savoir vaguement à quoi ressemble la France. Lors du premier tour des municipales, au Havre, il a d’ailleurs senti le vent du boulet en n’étant pas réélu au premier tour et en étant talonné par le candidat communiste qui a fait dix ou douze points de plus que prévu. Il n’a pas dû être étonné, Philippe.

Après les Gilets jaunes et les retraites, il se doutait bien que son électorat n’allait pas l’applaudir.

Je vous rappelle, à tout hasard, que le 15 mars dernier, alors que les écoles étaient fermées, les Français ont pu voter. Là, ce sera le contraire, les Français ne pourront pas voter fin juin mais les écoles seront ouvertes.

En mars, ce sont les candidats et les assesseurs dans les bureaux de vote qu’on a envoyé à la boucherie, fin juin ce seront les profs et les élèves dans des bahuts où rien n’aura été préparé. 

S’il y a une logique à tout ça, il faudra nous l’expliquer. Édouard Philippe, lui, il est du genre à savoir que c’est parfaitement absurde d’un point de vue sanitaire et criminel d’un point de vue humain. Il pourrait avoir le courage de le dire et s’en aller, façon Chevènement pendant la guerre du Golfe. Mais on l’accuserait de désertion, comme Chevènement. C’est dur d’assumer, avec Macron comme président, pas vrai Édouard ?

J’ai du mal à penser que tu as été mis au courant de la date du 11 mai. Ou alors au dernier moment.

Comme Blanquer pour les écoles qui a dû ramer le lendemain de l’intervention présidentielle pour tenter de rassurer, ce qu’il sait très mal faire, et de broder sur un vide sidéral, ce qui crée chez lui un abus d’adverbe en – ment, comme « prochainement » ou « probablement » et de doubles négations embrouillées sur l’école qui est obligatoire mais parfois facultative à moins qu’elle ne soit à la carte. On ne sait plus trop.

D’ailleurs, Blanquer n’était pas à la conférence de presse, il devait être en train d’élaborer le plan de rentrée qui était annoncé depuis quinze jours pour dans quinze jours, ce qui va tranquillement nous amener au 11 mai.Sans plan.

Mais revenons à toi, Édouard. Tu dois toi aussi, mais dans tous les domaines, assurer l’application d’un déconfinement qui ne sera pas un déconfinement mais quand même un peu.

Tout ça à cause d’un président qui ne vit plus dans le monde réel mais dans un monde imaginaire où il croit sans doute qu’en disant les choses, cela suffit pour que les choses arrivent, les masques, les tests et tout le tintouin.

En plus, Édouard, tu dois voir arriver le moment où on va se retrouver en délicatesse avec les Chinois parce que Macron, qui décidément ressemble de plus en plus à Trump, a décidé dans un délire complotiste relayé par ses amis de l’éditocratie, qu’il fallait un bouc émissaire à la catastrophe en cours.

Tu dois commencer à comprendre que les deux, Trump et Macron, souffrent de solipsisme, comme on dit en philo, c’est-à-dire sont persuadés que le monde extérieur n’existe pas, qu’eux seuls sont la mesure du réel.                                                                                                                      Et de fait, Trump comme Macron, correspondent bien à la définition que Schopenhauer donne du solipsiste, devenu inaccessible à la raison : « Un fou enfermé dans un blockhaus. »

Alors tu fais avec. Et tu fatigues. Ça se voit à l’œil nu. Le blanchissement surprenant d’une partie de ta barbe, par exemple, qui intrigue tant et qui est dû à un vitiligo dont on apprend de source médicale qu’il est lié à des facteurs génétiques mais « qu’il pourrait aussi être lié au stress ».

On n’aimerait pas être à ta place, mais je crois que tu n’aimerais pas être à la nôtre, nous, la chair à canon de l’économie.

Jérôme Leroy - Liberté Hebdo

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