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Cellule PCF ''Plantive'' de Saint-Saulve

Des remous après la mise en place de l’exécutif « Castex I »

11 Juillet 2020, 10:22am

Publié par Cellule PCF de Saint-Saulve

La nomination d'Eric Dupont-Moretti Garde des Sceaux de Macron/Castex suscite de vives « réactions » au sein même de la magistrature te même chez ses confrères avocats ...,

La nomination d'Eric Dupont-Moretti Garde des Sceaux de Macron/Castex suscite de vives « réactions » au sein même de la magistrature te même chez ses confrères avocats ...,

Jean Castex a dit : « Je ne suis pas là pour faire de l'ombre au
président » mais les ministres ont-ils le droit de faire de l'ombre au
Premier d'entre-eux  ?

 

C'est Louis XI, qui a dit : « Diviser pour mieux régner »


 

Eric Dupond-Moretti a été nommé ce 6 juillet garde des Sceaux du gouvernement de Jean Castex.

La nomination du célèbre avocat, connu pour ses critiques régulières à l'encontre des magistrats,

interpelle la profession.

 

Mais quelle mouche a piqué Macron ? La demi-douzaine d’avocats et de magistrats consultés

depuis 19h sont sans voix. Interloqués. Médusés. Sous le choc. Aucun magistrat en poste

évidemment ne souhaite être cité pour réagir officiellement à la nomination dans le fauteuil du

Garde des Sceaux du « bouffeur de juges » qu’est Eric Dupond-Moretti. « Sa vie durant, ce

pénaliste a plaidé en disant qu’il ne pourrait lui même jamais être magistrat et le plus souvent en

traitant de nuls de la pire espèce les juges d’instruction qui avaient mené l’enquête et les procureurs

qui portaient l’accusation ! Alors forcément, pour tous les juges de ce pays, cette nomination ne pas

va être facile à digérer », s’époumone un ancien bâtonnier. « Que Dupond soit le Badinter du

nouveau monde, cela en dit long sur ce qu’est le nouveau monde », réagit un autre avocat.

 

« Je ne comprends pas la logique derrière cela, alors qu’on pensait que François Molins

remplacerait Nicole Belloubet », réagit un procureur.

 

Les prochains jours permettront peut-être d’éclairer les raisons de ce choix, et de comprendre

comment le célèbre pénaliste a pu se retrouver dans les petits papiers du pouvoir, lui qui s’en est

toujours tenu à distance. Est-ce via Bernard Tapie, qui l’admire, reçu récemment à l’Elysée, où via

Nicolas Sarkozy, dont il est si proche ? « Ce sera injouable pour les magistrats d’être

représentés par quelqu’un qui est à ce point en porte à faux avec eux, à leur

antipodes », s’énerve un pénaliste parisien, persuadé « que Dupond démissionnera d’ici la fin de

l’année. »

INCONTRÔLABLE

Le fait est que les principaux traits de caractère d’Eric Dupond-Moretti, qui ont fait de lui un grand

avocat, si ce n’est le plus grand de sa génération, paraissent difficilement compatibles avec

l’exercice de la politique : il est incontrôlable, n’a jamais supporté la moindre parcelle d’autorité et

il est surtout très susceptible. Des défauts a priori éliminatoires pour occuper son nouveau poste !

« On verra, il va être très surveillé, et il n’est pas dit qu’une fois passé de l’autre coté du miroir, il ne

devienne pas demain le plus farouche défenseur… des magistrats », espère l’un d’eux.


Bruno Thouzellier, aujourd’hui à la retraite, et ancien président de l’USM, le syndicat majoritaire,

est lui aussi interloqué de la nomination d’Eric Dupond-Moretti : « Sa détestation des magistrats est

si forte, évidente, connue, paranoïaque presque, que cela dénote de la part du président de la

République soit une incompréhension totale de ce que nous sommes, soit une volonté évidente de

provocation. Le nommer à la Justice est une marque de mépris totale pour les juges. Comme il est

intelligent peut-être qu’à l’arrivée, Dupond va simuler un rabibochage. Nous verrons. L’institution

judiciaire est forte, elle va faire front même si nous n’avons pas la même résistance que celle des

syndicats policiers. Ce n’est pas forcément une catastrophe absolue, mais c’est un coup terrible qui

est porté à la justice ».

 

« Le nommer à la Justice est une marque de mépris totale pour les juges. »


« En Europe, à part Dupond-Moretti, il n’y a que Sylvio Berlusconi en Italie qui ait tenu des propos

aussi durs envers les juges et d’ailleurs, plusieurs syndicats dans le passé ont déposé plainte contre

des propos de Dupond », rappelle un autre syndicaliste.

 

Dernier bras de fer en date, la semaine dernière, Eric Dupond-Moretti a violemment taclé le

Parquet national financier dans l’enquête sur les fadettes des avocats. Le parquet, dans ce dossier

ou est impliqué Nicolas Sarkozy, avait émis l’hypothèse, avant de se raviser, qu’Eric Dupond-

Moretti aurait pu être la « taupe » qui avait prévenu l’ancien président de la République qu’il était

sur écoute. Apprenant ces vérifications judiciaires sur son téléphone, le pénaliste a déposé plainte…

 

C’est désormais depuis son bureau de la place Vendôme, par un de ces hasards inouïs du

calendrier, qu’il pourra désormais suivre l’évolution du dossier. Nicole Belloubet, à qui il

succède, a commandé avant de partir une inspection judiciaire sur le parquet national

financier, avec lequel Eric Dupond-Moretti, en tant qu’avocat de Patrick Balkany ou

d’Alexandre Djouhri, a longtemps ferraillé… C’est au nouveau garde des Sceaux qu’il

appartiendra de donner les suites à ce rapport.

 

« J’ai l’impression de vivre un cauchemar éveillé », réagit un membre du

PNF. Le pire n’est jamais certain…

 

 

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