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Cellule PCF ''Plantive'' de Saint-Saulve

PAPOUASIE OCCIDENTALE. MASSACRE SOUS LES TROPIQUES.

8 Août 2020, 10:25am

Publié par Cellule PCF de Saint-Saulve

Dix milliardaires contrôlent les médias en France. Certains « journalistes » en oublient leur métier, afin de ne pas déplaire à ces derniers et leurs amis outre-atlantique. Ils font même l'impasse totale sur la dénonciation des divers génocides en cours, sous l’œil intéressé des USA et des multinationales

 

Bouygues, Xavier Niel, Dassault, Bernard Arnault, Bolloré, Pierre Bergé, Patrick Drahi, François Pinault, Matthieu Pigasse et Lagardère, voilà les dix milliardaires qui possèdent nos médias. Pourquoi se masser dans un secteur souvent déficitaire ? C’est un jeu d’influence qui se joue ici à coup de gros sous. Beaucoup de sondages, un zeste de censure, saupoudrez tout ça de quelques grains de corruption et d’une propagande structurelle et diffuse et vous avez la recette d’une influence réussie. Tant pis pour notre démocratie, notre droit à l’indépendance de la presse et à une information libre ! Que pèse l’intérêt général quand des milliards sont en jeu ?

 
Le génocide oublié des Papous par l'armée indonésienne aidé des américains et des grandes multinationales
Le génocide oublié des Papous par l'armée indonésienne aidé des américains et des grandes multinationalesLe génocide oublié des Papous par l'armée indonésienne aidé des américains et des grandes multinationales

Le génocide oublié des Papous par l'armée indonésienne aidé des américains et des grandes multinationales

Par Arielle Bossuyt : L'Humanité Dimanche
 

Derrière son paysage de rêve, la Papouasie occidentale, au sud de l’Indonésie, regorge de trésors miniers. Et abrite l’horreur. Depuis 1963, les Papous y sont massacrés, emprisonnés, torturés en toute impunité par l’armée indonésienne. Les rescapés Benny Wenda et Alpheus Meage dénoncent ces crimes commis avec la complaisance de la communauté internationale.

 

Sa coiffe à plumes multicolores et son ukulélé détonnent dans la grisaille anglaise. Réfugié au Royaume-Uni depuis 2003, Benny Wenda les arbore avec fierté comme pour affirmer une identité qu’on lui a arrachée. Condamné à vingt-cinq ans de prison pour un crime qu’il n’a pas commis, il a subi trois tentatives de meurtre derrière les barreaux. En 2002, pour sauver sa peau, il fuit la Papouasie occidentale, avec de son ami Alpheus Meage, aujourd’hui réfugié en Australie.

 

Benny Wenda est le leader des séparatistes papous. Persécutés par l’armée indonésienne, ils réclament l’indépendance de leur île, sous le joug de l’Indonésie depuis 1963, lorsque les Néerlandais ont abandonné leur colonie du Pacifique. Censée amener les Papous vers l’autodétermination, sous l’œil de l’ONU, l’Indonésie lance un référendum qui s’avère être une supercherie. Seuls mille Papous sont autorisés à voter et tous reçoivent des menaces de mort.

 

Mine d’or et puits de pétrole.

Dans ce climat inquiétant, l’Indonésie acquiert la Papouasie occidentale en 1969, avec l’approbation de l’ONU, et fait main basse sur les richesses de l’île : cuivre, pétrole, bois, or, nickel, etc. L’une des plus grandes mines d’or au monde se trouve à l’ouest de la Papouasie, celle de Grasberg, exploitée par la compagnie Freeport Mcmoran depuis 1967. Aujourd’hui, l’entreprise américaine est le premier contributeur au budget de l’État.

 

D'autres sociétés étrangères sont présentes sur l'Île, comme BP pour le gaz naturel , mais aussi des multinationales qui exploitent la terre pour la culture de palmiers ( après déforestation ) ou le soja, près de Merauke, ville côtière du Sud.

 

Sans le savoir, le papous vivaient donc sur un précieux trésor qui les a menés à leur perte. Dès 1969, certains villages entrent en résistance. Ces compagnies étrangères mettent en péril leur mode de vie. « Nous vivions en harmonie avec la nature. C'est elle qui nous nourrissait avec la chasse, la pêche, la cueillette. Ces entreprises ont souillé notre terre et contaminé les rivières », explique Benny Wenda.

En 1977, les militaires débarques dans son village pour « mater » la population. «  Les soldats ont attrapé mon cousin d'à peine deux ans et l'ont jeté violemment à terre. Puis, ils ont violé ma tante sous mes yeux. Les deux sont morts de leurs blessures. Les viols étaient systématiques : s'insurge-t-il, la voix tremblante.

 

« Un trou noir au niveau des droits humains »

 

Ces actes barbares poussent les Papous à se rebeller. Mais l'armée emploie les grands moyens pour étouffer l’insurrection : « Mon village a été bombardé et une partie de ma famille a été décimée », poursuit Benny, qui a lui-même était blessé à la jambe. Aujourd'hui encore, il souffre de ses blessures. Impuissant, les Papous sont traqués comme des animaux, même dans les montagnes où ils trouvent refuge.

 

Selon Amnesty International, 10 000 personnes auraient été assassinées entre 1963 et 1998. Un autre rapport, sorti en 2011 est bien plus alarmant : il fait état de 100 000 déplacés et de 150 000 à 400 000 tués depuis les années 1960.

 

Des chiffres opaques car le gouvernement indonésien refuse l'accès aux associations de défense des droits de l'homme et même aux commissaires de l'ONU. La Papouasie est un des trous noirs de l’Indonésie dans le domaines des droits humains.

 

« Les forces de sécurité ont pendant des années été autorisées à tuer sans craindre de devoir assumer la moindre responsabilité », affirme Usman Hamid, directeur d'Amnesty International.

 

Face à ces tragédies, beaucoup ont fini par se soumettre à l'autorité indonésienne, abandonnant leur culture pour en intégrer une autre. Certains ignorent d'ailleurs les drames vécus par leur peuple. Placé à l'orphelinat à l'âge de 12 ans, Alpheus Meage n'a jamais su ce qui était arrivé à son père, ni a sa mère qui souffre d'une vive douleur à la poitrine.

 

Comme d'autres camarades papous, il grandit loin des problèmes de l'île. On le forme à devenir un citoyen indonésien. En parallèle le gouvernement encourage la migration de javanais en Papouasie occidentale pour appuyer sa présence. La collaboration est difficile : les papous sont victimes de racisme. «  on nous prenait pour des sauvages. Â l'école, on nous surnommait « monkeys » (singes en anglais », se souvient Aplheus.

 

Les États-Unis, puissant partenaire de l'Indonésie …

 

la vérité sur son peuple lui éclate au visage lorsqu'il rencontre Benny Wenda, à l’université. Ce dernier organise des réunions pour parler du sort des siens. Alpheus, en assistant à l'une d'entre-elles, comprend que son père a été assassiné par l'armée indonésienne. Plus tard, sa mère lui avouera que les soldats lui ont aussi coupé les seins pour l’empêcher d'allaiter. Révolté, il se joint à Benny avec qui il se lie d'amitié, unis autour d'un même combat.

 

En 2001, une attaque menée par des séparatistes fait deux morts dans un poste de police ; Benny, alors leader d'un groupe d'indépendantistes est suspecté d'en être l'organisateur. Il est envoyé en prison, sans preuve.

«  Il suffit d'un rien. Brandir le drapeau des séparatistes entraîne une peine de cinq ans de prison », explique Alpheus. En danger dans leur pays, les deux militants décident de fuir.

 

Aujourd’hui, à des kilomètres de leurs Île natale, ils militent encore pour son indépendance. Mais le combat entre un peuple indigène et un puissant partenaire des États-Unis semble déséquilibré. Si les institutions détournent le regard, l'objectif est de sensibiliser l'opinion publique. ( Contre la valeur des sols de la Papouasie, c'est le troc des armes sophistiquées US, afin de poursuivre le génocide des Papous par les dirigeants corrompus d'Indonésie, dont le monde et l'ONU se détournent du sort des massacres continuels des autochtones afin de laisser piller les richesses de l’Île par les américains et leurs complices. )

 

En 2016 Benny lance Free West Papua campaign (campagne pour une Papouasie occidentale libre), soutenu par les Papous exilés. Invité au parlement britannique, dans des TEDx (les TEDx sont des conférences organisées au niveau international par la fondation nord-américaine The Sapling Foundation. Cette fondation a pour but, selon son slogan, « de diffuser des idées qui en valent la peine » ou encore au Glastonbury Festival avec son groupe The Lani Singers. Car , si son peuple doit se faire discret pour survivre, Benny compte bien rompre le silence sur soixante ans de répression sanglante.

 

 

 

 

 

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