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Cellule PCF ''Plantive'' de Saint-Saulve

ASSASSINAT DE SAMUEL PATY

24 Octobre 2020, 10:05am

Publié par Cellule PCF de Saint-Saulve

ASSASSINAT DE SAMUEL PATY

 

DES HOMMAGES UNANIMES
 
DES COMMUNISTES

 

Depuis l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty survenu vendredi 16 octobre, les réactions politiques et hommages se sont multipliés pour saluer le travail de cet enseignant et défendre les valeurs de la République. En voici une sélection.

 Karine TROTTEIN :

Depuis vendredi dernier, les hommages à Samuel Paty se succèdent, sur les parvis de nos mairies, sur les places de nos communes à Lille, à Valenciennes, à Dunkerque et ailleurs. Toutes et tous, sommes choqués par cet acte horrible et monstrueux qui touche notre pays et l’école de la République. L’école du pays des droits de l’homme, héritière des Lumières dont la mission est de permettre à tous ses enfants d’accéder au savoir et à la connaissance ; en développant le respect de l’autre, l’esprit critique et la laïcité.
« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale, elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion.

Elle respecte toutes les croyances. » (Article premier de notre Constitution)
Rappelons que l’étymologie du mot laïc vient du grec ancien, que c’est la transcription de l’adjectif laïcos dérivé du substantif grec laos, qui signifie « peuple ». Y a-t-il base juridique plus solide et indiscutable du concept de laïcité qu’il faille que le débat renaisse à chaque fois qu’un crime, au nom d’une religion, est commis ? Chacun donnant sa position, son opinion, pas toujours dénuée d’arrière-pensées et d’amalgames.

 

Pourtant, après chaque acte terroriste au nom de l’islam radical, comme de tout extrémisme religieux, auquel nous répondons « Je suis Charlie  », « Je suis debout », « Nous n’avons pas peur », succède un déchaînement médiatique afin d’identifier les causes et les coupables. Le journal Libération titrait d’ailleurs ce mercredi : « L’observatoire de la laïcité dans le viseur du gouvernement. » Le coupable serait donc l’ODL, responsable de lâcheté et de compromission avec l’ennemi, s’époumonent certains... D’autres encore s’interrogent et pointent du doigt la responsabilité de la victime elle-même, qui n’a sans doute pas pris suffisamment de précautions.
 

Non. Les coupables sont ce jeune homme de 18 ans, récupéré par les forces islamiques et obscurantistes qui souhaitent faire régner, dans notre pays, la terreur et l’insécurité.
Non. La victime s’appelle Samuel Paty, lâchement assassiné parce qu’il faisait son métier d’enseignant. Celui de transmetteur de connaissances, de passeur de savoir pour faire des enfants d’aujourd’hui les adultes de demain, libres, égaux, capables de penser et pas seulement de croire. N’est-ce pas là l’affirmation même des valeurs de notre République, de ses principes fondamentaux dont fait partie la laïcité ?

 

La meilleure façon de défendre la laïcité aujourd’hui n’est-elle pas de mieux soutenir et accompagner celles et ceux qui la font vivre au quotidien ? Moins de paroles, plus d’actes a dit notre président de la République. Chiche ! Par ces quelques lignes, sachez, Mesdames et Messieurs les enseignants, que vous avez tout mon soutien, mon respect pour le métier que vous exercez, souvent avec passion, malgré toutes les difficultés liées au manque de moyens.

André CHASSAIGNE, au nom du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale :

Vendredi a été commis un acte d’une barbarie inouïe : M. Samuel Paty a été décapité parce que l’enseignement qu’il dispensait dans l’école de la République ne convenait pas à quelques parents d’élèves et à un minable prédicateur - leurs dénonciations sont parvenues jusqu’à un individu qui, au nom d’une idéologie islamiste, a commis l’impensable. Nous voulons dire à la famille de M. Samuel Paty, à ses élèves et à tout le monde enseignant notre tristesse et notre entière solidarité dans l’épreuve, mais aussi notre colère.
 

Les valeurs que Samuel Paty transmettait à ses élèves nous obligent à la dignité. Pour cela, notre nation doit être unie - unie au service de la paix et non de la haine ou de la vengeance aveugle ; unie sans instrumentalisation politique, mais avec lucidité. Ces valeurs nous obligent à défendre la laïcité avec la plus grande ferveur et, au nom de ce principe avec lequel nous ne pouvons transiger, nous nous devons de respecter l’exercice de tous les cultes, dès lors qu’ils se conforment aux lois de la République.
 

La mort de Samuel Paty nous oblige aussi après de tous les enseignants qui doivent pouvoir accomplir sans peur, mais avec les moyens nécessaires, la mission fondamentale que la nation leur a confiée : offrir à nos enfants l’émancipation par le savoir. Nous ne devons jamais accepter la moindre défaillance à cet égard, parce que partout où la République recule, l’obscurantisme progresse.
 

Cette mort nous oblige enfin à endiguer l’emprise de l’islamisme politique, à éradiquer ce terrorisme abject, dans le respect des règles de l’État, mais sans concessions. Le pire se- rait de tomber dans le piège de la division, d’affaiblir cette belle mission qu’est l’enseignement, mais aussi de laisser croire que nos concitoyens de confession musulmane s’accommodent du terrorisme islamiste. Si tel était le cas, celui qui a ôté Samuel Paty à sa famille et à notre pays aurait gagné.

 

> Jean-Pierre BOSINO :

Un professeur d’histoire-géographie d’un collège de Conflans-Sainte-Honorine, Samuel Paty a été assassiné en pleine rue parce qu’il faisait son métier. Nous apportons tout notre soutien à sa famille, ses proches, ses collègues.
 

Nous pensons également à la communauté éducative à laquelle nous apportons toute notre solidarité : enseignants, professeurs, éducateurs, personnels administratifs et de direction. Celles et ceux qui accompagnent nos enfants dans leurs constructions, qui les aident à devenir des citoyen·nes éclairé·es. L’École publique, laïque, gratuite et républicaine, ouverte à tout·es, sans distinction, est un bien commun dont nous devons être les garant·es, qui a été trop souvent malmené.
 

Nous condamnons avec la plus grande fermeté cet acte terroriste, commis au nom d’un fanatisme barbare. Contre l’obscurantisme, la société de terreur que certain·es voudraient nous imposer, nous défendons une société apaisée, dans le respect des un·es et des autres, qui résiste à toutes les discriminations, tous les racismes, toutes les violences et tous les amalgames. C’est bien le caractère laïque de notre République qui doit permettre le « vivre-ensemble ».
 

Nous nous joignons à toutes les voix qui se sont élevées à Montataire comme dans tout le pays pour condamner cet acte horrible, criminel, inexcusable. Parmi ces voix qui condamnent sans ambiguïté ce terrorisme qui prétend s’appuyer sur l’Islam pour se justifier, il y a de nombreuses et nombreux Montatairien·nes, le collège Anatole-France, mais aussi les dirigeants de la mosquée de Montataire de la rue Louis-Blanc.
C’est ensemble, dans l’unité de celles et ceux pour qui l’humain, le respec
t de l’autre, la laïcité sont des valeurs non négociables, que nous devons agir.

> Alain Bocquet :

Samuel Paty décapité sauvagement par un terroriste, c’est l’horreur absolue. Une barbarie insupportable. Mes pensées vont à sa famille, à ses proches, à ses collègues, à ses élèves auxquels il enseignait avec passion le sens du mot Liberté. À tous, je transmets mes condoléances de notre population amandinoise.
 

C’est là une attaque frontale contre l’école de la République, creuset commun dans lequel se forment les citoyens libres de demain. Face à l’obscurantisme et au fanatisme, il nous faut plus que jamais faire front tous ensemble pour les combattre et les battre. L’éducation, la connaissance sont nos biens les plus précieux, nos enseignants en sont les passeurs irremplaçables.
 

(...) Au fronton de notre Mairie, les drapeaux tricolores sont en berne. Nous participons à toutes les actions pour défendre les valeurs chéries de la République : Liberté, Égalité, Fraternité. Nous nous associons à l’hommage national de mercredi prochain pour Samuel Paty.

> Xavier Jouanin :

Vendredi fin d’après-midi, un homme est mort dans des conditions atroces relevant de la barbarie. Après notre liberté de vivre, de danser, de rire et de caricaturer, attaquée à Charlie et dans les rues de Paris en 2015, c’est notre liberté de penser et de transmettre ces valeurs républicaines qui est aujourd’hui violemment ébranlée. Un homme est mort victime de la barbarie mais aussi de l’intolérance, du sectarisme et de l’obscurantisme.

Samuel Paty était un professeur, un représentant de la République française, dont il défendait les valeurs en transmettant la liberté d’expression, la liberté de conscience et le droit d’opinion.
 

On ne doit pas mourir en France, pays des Lumières, parce qu’on enseigne la liberté. On ne doit pas mourir en France pour avoir éclairé, éduqué les jeunes citoyens à cette liberté.
J’invite chacun à consacrer quelques minutes à cette pensée en hommage à Samuel Paty en solidarité avec sa famille et l’ensemble des enseignants.

> Nicolas Chéret :

Comme partout en France, les Avionnais·es sont abasourdis par l’horrible assassinat de Samuel Paty, enseignant d’histoire et de géographie. Le terrorisme islamiste a cette fois frappé l’école et donc l’avenir de nos enfants. Les communistes d’Avion se joignent à la municipalité et à la population de la commune rassemblées aujourd’hui sur le parvis de l’Hôtel de ville pour exprimer tout notre soutien et notre solidarité envers la famille, les proches, les élèves et les enseignants. Nous réaffirmons haut et fort : les terroristes n’auront pas notre haine. Ils ne réussiront pas à nous désunir, à nous opposer.
Ceux qui ont soutenu ou contribué à l’assassinat de Samuel Paty doivent être identifiés et sans délai déférés devant la justice. Les prêcheurs de haine, les fanatiques qui appellent au meurtre, les djihadistes doivent être poursuivis, mis hors d’état de nuire, condamnés sévèrement.

 

La protection de la population doit se faire en préservant les libertés publiques et la démocratie. Sinon, ce serait donner raison aux terroristes qui par leurs discours et leurs actes meurtriers s’attaquent à la liberté elle-même. Pour les communistes, la sécurité passe par une politique permettant d’assécher le terreau auquel s’alimentent l’intégrisme et le terrorisme. Cela passe par un véritable renforcement des politiques de justice sociale, l’égalité des droits et notamment face à l’emploi, la construction de réelles perspectives pour notre jeunesse, donner les moyens de lutter contre les discriminations, le racisme. Il faut en terminer avec la ghettoïsation des quartiers et de certaines villes, en particulier dans l’ex-bassin minier.
 

Enfin c’est à l’école et dans les universités, n’en déplaise à Emmanuel Macron, que se construisent les hommes et femmes de demain. Ils permettront à la France de se redresser. Investir dans l’Éducation nationale par le recrutement de plusieurs milliers de professeurs, par la modernisation des locaux, est de la responsabilité d’un Président ayant foi en l’Homme, en ses concitoyens. Un Président qui n’a pas cette conviction chevillée au corps n’est pas le Président de tous les Français.
 

Pour terminer, je reprendrai les quelques mots du célèbre discours de Castre de Jean Jaurès en juillet 1904 :
« La démocratie a le devoir d‘éduquer l’enfance, et l’enfance a le droit d‘être éduquée selon les principes mêmes qui assureront plus tard la liberté de l’homme. Il n’appartient à personne, ou particulier, ou famille, ou congrégation de s’interposer entre ce devoir de la nation et ce droit de l’enfant. Comment l’enfant pourra-t-il être préparé à exercer sans crainte les droits que la démocratie laïque reconnaît à l’homme si lui-même n’a pas été admis à exercer, sous forme laïque, le droit essentiel que lui reconnaît la loi, le droit à l‘éducation ?

Comment, plus tard, prendra-t-il au sérieux la distinction nécessaire entre l’ordre religieux, qui ne relève que de la conscience individuelle, et l’ordre social et légal qui est essentiellement laïque, si lui-même dans l’exercice du premier droit qui lui est reconnu, et dans l’accomplissement du premier devoir qui lui est imposé par la loi, il est livré à une entreprise confessionnelle et trompé par la confusion de l’ordre religieux et de l’ordre légal ? »
 

La lutte contre le racisme et l’obscurantisme, pour la démocratie et la laïcité ne cessera jamais. Militants progressistes, associations, élus et citoyens nous devons nous unir pour faire grandir la Liberté, l’Égalité et la Fraternité, les principes fondateurs de notre République laïque, sociale et solidaire.

> Mathieu Bayart :

La ville de Conflans-Sainte-Honorine a été le théâtre d’une scène d’horreur. Samuel Paty, enseignant, a été décapité suite à un cours, source d’un emballement médiatique issu des réseaux sociaux. L’effroi submerge nos concitoyens à juste titre, la communauté éducative et la classe politique. La plupart des prises de position vont dans le même sens : la République est attaquée, la laïcité doit être préservée tout comme la liberté d’expression, il faut faire bloc contre l’obscurantisme. Certes. Celui qui n’a pas ce type de réaction n’est pas normalement constitué, et certes, rien, strictement rien, ne justifie qu’une vie humaine soit supprimée.
 

Mais il faut aller plus loin, dans la mesure où ce nouveau drame inqualifiable et inhumain marquera encore le climat nauséabond, de division et de haine ambiant dans lequel nous vivons. Pour commencer, et au risque d’être polémique, il faut rappeler que le très jeune auteur des faits n’est pas, à ma connaissance, musulman. Celui qui s’intéresse de près à l’Islam le sait parfaitement, puisque le meurtre est interdit comme dans les autres religions, et il serait intolérable de stigmatiser encore davantage nos compatriotes qui veulent vivre dans la tranquillité, comme tous les autres Français.
 

En cela, le président de la République a, encore une fois, fait une faute grave avec une attaque ciblée contre nos compatriotes à travers son projet de loi sur le séparatisme qui ne prend le problème de la reconquête républicaine que sous l’angle religieux et en particulier d’une religion. De nombreux juristes, spécialistes, vont même plus loin en pensant qu’il ne s’agit là (et je les rejoins) que d’un projet visant à faire plaisir à un électorat d’extrême droite à l’approche d’élections départementales et régionales après le camouflet des municipales et sénatoriales.
 

C’est, pour un chef d’État français, une atteinte grave au principe de laïcité et au devoir de rassemblement de la Nation, qui est riche de sa diversité culturelle.
Et les fondamentalistes, quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, quoi qu’ils disent, doivent être combattus grâce à l’arsenal juridique déjà existant et suffisant pour que la République soit une et indivisible et que tous les citoyens soient traités de la même manière, avec les mêmes règles, sans aucune pression d’aucun groupe.

 

Ensuite, le problème de fond de l’Éducation nationale doit être analysé également. Je ne suis pas enseignant et d’autres que moi pourront mieux en parler, mais le ministère de l’Éducation nationale porte une lourde responsabilité dans ce drame. Non pas qu’il l’ait voulu évidemment, mais les reculs des services publics depuis des décennies ont conduit à l’inacceptable.
 

En abandonnant littéralement les enseignants, en ne créant pas les conditions sereines d’un enseignement de qualité, en multipliant les réformes rétrogrades, en démissionnant complètement de sa mission éducative républicaine, l’État a failli.
 

Enfin, ce système politique et économique - le système capitaliste - qui divise sans cesse les travailleurs, privés d’emploi, en n’apportant volontairement aucune solution aux problèmes économiques et sociaux, a produit un individu fou, au-delà de toute religion, de toute origine et de toute nationalité.
 

Seule une politique progressiste, volontariste et ambitieuse, j’oserais dire révolutionnaire, permettra au peuple de France, dans toute sa richesse et toute sa diversité, de retrouver le chemin de l’unité indispensable pour que notre pays réponde vraiment à sa vocation, depuis 1789, de « patrie des droits de l’homme ».

 

 

 

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