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Cellule PCF ''Plantive'' de Saint-Saulve

DES RÈGLES INTANGIBLES ?

9 Avril 2021, 11:55am

Publié par Cellule PCF de Saint-Saulve

Macron: toujours « engagé »  à réduire le déficit budgétaire à moins de % du PIB, mais pas sur le compte de ses amis milliardaires ni sur l'armement nucléaire, mais toujours sur le dos des salariés !
Macron: toujours « engagé »  à réduire le déficit budgétaire à moins de % du PIB, mais pas sur le compte de ses amis milliardaires ni sur l'armement nucléaire, mais toujours sur le dos des salariés !

Macron: toujours « engagé » à réduire le déficit budgétaire à moins de % du PIB, mais pas sur le compte de ses amis milliardaires ni sur l'armement nucléaire, mais toujours sur le dos des salariés !

 

Par Eric Bocquet - sénateur PCF du Nord  

La pandémie en cours a fait exploser toutes les règles financières et budgétaires. C’est vrai en France mais tout autant en Europe et même dans le monde. Ces règles nous sont répétées inlassablement pour imposer aux humains la rigueur et l’austérité budgétaires.


Mais, au fond, il convient dans ces temps perturbés de réfléchir à l’origine de ces fameuses règles. L’une d’entre elles concerne le pourcentage de déficit que chaque pays sérieux et responsable se devrait de respecter.

Ce pourcentage, il est sacré : 3 %. Ce chiffre, c’est 3 % de déficit public souhaité pour notre pays par rapport au PIB.
 

Le PIB de la France avant Covid c’était 2 400 milliards d’euros. En appliquant ce taux, notre déficit ne saurait excéder 72 milliards d’euros !
Ce chiffre magique fut inventé dans les années 80 par un haut fonctionnaire, un certain Guy Abeille, qui fut dans les années 70 puis 80 chargé de mission à la première sous-direction de la direction du Budget. Son rôle était particulièrement de suivre l’exécution des dépenses…


Après l’élection de 1981 marquant l’arrivée de la « gauche » au gouvernement, le nouveau président, François Mitterrand, demanda qu’on lui fournisse une règle, une norme frappante et facilement opposable aux nombreuses demandes des ministres enthousiastes qui demandaient d’abondants crédits pour leurs ministères respectifs. Déjà, à l’époque, le discours sur la nécessaire « maîtrise des dépenses publiques ».


Mitterrand officialisa cette norme toute neuve lors d’une conférence de presse tenue le 9 juin 1982. Il dira ceci : « Le déficit est d’environ 3 % et il ne faut pas qu’il dépasse ce pourcentage appliqué au produit intérieur brut. J’attends du gouvernement qu’il respecte - je n’ai pas lieu d’en douter sachant l’engagement du gouvernement tout entier - ce plafond de 3 % et pas davantage. »

Cette règle fut ensuite introduite dans le sacro-saint traité de Maastricht en 1992.


Ainsi est tracé - de reprise en reprise et de solidification en amplification, sans jamais réflexion supplémentaire ni interrogation - le chemin, au départ impensable, d’un bureau du ministère des Finances, un soir de juin 81, jusqu’à une bonne partie de la planète !


Quel curieux destin pour ce 3 % ! Intangible ? J’en doute.

 

 

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