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Cellule PCF ''Plantive'' de Saint-Saulve

Superprofits : mot canon ?

3 Août 2022, 09:36am

Publié par Cellule PCF de Saint-Saulve

Pour l'Etat Macron, il fat sauver ces "pauvres milliardaires" du CAC40
Pour l'Etat Macron, il fat sauver ces "pauvres milliardaires" du CAC40Pour l'Etat Macron, il fat sauver ces "pauvres milliardaires" du CAC40
Pour l'Etat Macron, il fat sauver ces "pauvres milliardaires" du CAC40

Pour l'Etat Macron, il fat sauver ces "pauvres milliardaires" du CAC40

Dans le ciel de l’été vient de retentir dans tout l’espace public un mot jusqu’ici tabou devenu un mot « canon » : superprofit.

Il est sorti des murs des sections du parti communiste, des cercles de ATTAC, de la confédération CGT, pour se répandre, de journaux télévisés en discussions devant un petit noir de bon matin au bistro, jusqu’au parlement à la tribune duquel les députés de la coalition Nupes l’ont fait siffler aux oreilles des ministres et des profiteurs de guerre qui émargent dans les conseils d’administration des grands groupes cotés en bourse.

Décidément, on ne peut plus cacher que pendant que les augmentations de prix vident les frigos des familles populaires, dès le 15 de chaque mois, ces profits extrêmes contribuent à remplir les comptes en banques des milliardaires et des fonds financiers.

Les travailleurs ne voient rien venir sur leur feuille de paie mais les groupes financiers, énergétiques, de transports, des autoroutes, de l’automobile, du luxe ou de la grande distribution sont aux anges. Leurs profits sont devenus des « superprofits ».

Pour s’en réjouir, nos confrères du groupe « Les Échos », daté du 1er août, nous informent bruyamment : « Les marchés financiers en Europe et aux États-Unis ont signé leur meilleure performance depuis novembre 2020 ».

Le Figaro du même jour ne le dément évidemment pas : « Le CAC 40 gagne 9 % en juillet » clame-t-il. Celles et ceux qui, pour diverses raisons, n’y décèleraient aucun lien de cause à effet commettraient à leurs dépens une lourde erreur. Par exemple, le groupe ENGIE, premier fournisseur de gaz, réalise un résultat net de 5 milliards d’€ au premier semestre 2022, soit près du double de ses résultats obtenu au cours de la même période l’an passé.

Et, le prix du gaz flambe. Après cela, ce même groupe vient, la main sur le cœur, annoncer qu’il va octroyer une petite ristourne aux consommateurs qui lui coûtera… 88 millions d’€.

Une farce ! Ce n’est même pas le prix d’une campagne de communication de ce groupe. Et, le groupe Total qui a réalisé 17 milliards de profits trouve le moyen par un tour de prestidigitation en trio avec le ministre de l’Économie et la majorité de droite du sénat de promettre une ristourne sur son carburant qui lui coûtera… 500 000 €.

Celle-ci n’interviendrait qu’en septembre, après que les automobilistes sont passés, en juillet et août, aux pompes pour leurs plus longs trajets de l’année.

Chapeau l’artiste ! Ce géant, qui n’a pas payé d’impôt ni en 2019, ni en 2022, préfère être payé d’avance, ce qui ne l’empêchera pas de continuer à augmenter le prix de son carburant de quelques nouveaux centimes. Le consommateur paiera donc lui-même et bien plus sa ristourne, ajoutée aux diverses taxes qu’il paie sans souvent le savoir.

Pourtant, pour les libéraux de tout poil, parler de « taxe » sur les superprofits relève d’une volonté collectiviste ! Ainsi, lors du débat parlementaire au Sénat, M. B Le Maire a justifié son refus de « taxation temporaire » en prônant « la stabilité fiscale ». Bizarre non ?

Car non seulement Le groupe Total n’a pas payé le moindre centime d’impôt en 2020, mais il a bénéficié d’une ristourne de 126 millions €. Ajoutons que les augmentations des prix des carburants, produisent de facto des augmentations de la part de la fiscalité sur ceux-ci. C’est une « stabilité fiscale « à deux vitesses mais toujours aux dépens des mêmes !

Autre forme de mystification : Pour réaliser 41 milliards de profits au 1 er trimestre, le groupe Séllantis a augmenté substantiellement le prix des voitures pour compenser les pertes de volumes vendus. Les industriels de l’agroalimentaire et la grande distribution ont trouvé une autre délétère astuce, ils diminuent la quantité de produit dans le même emballage tout en augmentant régulièrement les prix de vente.

Au royaume du capitalisme, le profit est roi. De ce côté-là, ils ne sont pas tenus à la fameuse « sobriété » présidentielle. Ces superprofits sont bien issus de la compression des salaires et de l’augmentation des prix due à la spéculation.

Ces augmentations ont commencé bien avant la guerre en Ukraine. Les groupes industriels et les « fonds spéculatifs » qui bien souvent sont des filiales des banques, des assurances ou d’autres institutions financières, mènent le bal en achetant par anticipation d’énormes quantités à bas prix, puis les revendent lorsque la raréfaction qu’ils ont produite fait flamber les prix de l’énergie ou des céréales. La coalition de gauche et les sénateurs communistes ont proposé une taxation de ces profits à hauteur de 25 % à 30 %.

Ce ne serait que justice car ces profits sont réalisés à partir de rentes de situation après avoir bien souvent bénéficié de considérables aides publiques, sans contrôle, durant la pandémie.

Un véritable assistanat d’État ! D’ailleurs, le Royaume Uni, L’Espagne, l’Italie ont décidé d’une telle taxation. Dès lors que ces groupes et fonds financiers profitent d’une telle situation sans se sentir solidaire de la collectivité publique, des travailleurs et des citoyens, il faudra bien penser plus sérieusement à un nécessaire contrôle public, social et écologique de leurs activités en créant des conditions nouvelles pour que les travailleurs, les usagers ou consommateurs. Les élus disposent de pouvoirs réels d’intervention sur leur gestion et leurs orientations pour le bien commun.

Contre les exigences de rémunération toujours plus grandes des actionnaires, il convient d’opposer les critères de progrès social dont les salaires, l’égalité salariale femmes-hommes, la protection sociale, et le progrès écologique.

Ce qui implique un considérable développement de services publics humanisés et démocratisés. C’est le moyen de réduire cette surexploitation des travailleurs, et de diminuer de manière substantielle les coûts qui servent à la rentabilisation et à l’accumulation du capital (frais financiers, dividendes, rachat d’actions) et donc de baisser les prix.

Dès lors que les profiteurs de guerre et de crise dans des secteurs aussi essentiels que la finance, l’énergie, les transports refusent de servir le bien commun, la question de leur appropriation sociale et publique doit être posée.

Le pouvoir serait bien inspiré d’écouter le retentissement nouveau de ce mot devenu canon qui se répand : superprofit. Il porte en lui les germes d’un nouveau mouvement populaire pour la justice et l’égalité.

 

 

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