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Cellule PCF ''Plantive'' de Saint-Saulve

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20 Septembre 2021, 10:39am

Publié par Cellule PCF de Saint-Saulve

Philippe Rio  maire PCF de Grigny (91) élu meilleur maire du monde
Philippe Rio  maire PCF de Grigny (91) élu meilleur maire du mondePhilippe Rio  maire PCF de Grigny (91) élu meilleur maire du monde
Philippe Rio  maire PCF de Grigny (91) élu meilleur maire du monde

Philippe Rio maire PCF de Grigny (91) élu meilleur maire du monde

MAIS QU’A-T-ON FAIT DE L’APPEL DE
GRIGNY ?

PAR PHILIPPE ALLIENNE

PUBLIÉ LE 17 SEPTEMBRE 2021 À 11:34

Philippe Rio, le maire de Grigny (Essonne), vient de faire l’objet de toute l’attention des médias. Il vient d’être nommé « meilleur maire du monde » par la City Mayors Foundation de Londres, pour ses mesures contre la pauvreté.

Lui, maire communiste d’une des villes les plus pauvres de France, n’en revient pas. Il y a quatre ans, en 2017, environ 150 maires de France lançaient un appel au président de la République. Il en était une des signatures majeures. L’appel porte le nom de sa commune : « l’Appel de Grigny ». Mais aujourd’hui, les villes en question restent sur leur faim.

Souvenons-nous, « l’Appel de Grigny » avait été lancé le 16 octobre 2017 dans le cadre des États généraux de la politique de la ville coorganisés par l’association Bleu Blanc Zèbre, Ville et Banlieue et Villes de France. Il a été rédigé et signé par 150 maires de France en charge de quartiers prioritaires de la politique de la ville et par des associations travaillant auprès de la jeunesse et des populations fragiles.

Alors qualifié de « solennel », adressé directement au président Macron, il faisait suite au dépit des élus locaux.

Cumul de handicaps

Quelque semaines plus tard, l’alerte avait été lancée via une tribune d’élus, de collectifs et d’associations. Parue dans les colonnes du quotidien "Le Monde", le 17 août 2017, elle mettait l’accent sur la jeunesse et le dynamisme de ces quartiers stigmatisés en raison des handicaps qu’ils portent.

Parmi ceux-ci : les mamans isolés en difficulté, l’échec scolaire, la déscolarisation, le taux extraordinaire de pauvreté ( trois fois plus que la moyenne nationale, soit 42 %, voire, pour certains, 60 à 70 % ). Le taux de chômage était spécifié tout comme les rapports très tendus entre les jeunes et la police.

Ces quartiers connaissent un bouillonnement de vies, d’initiatives, d’élus, d’associations. Mais ils présentent aussi un cumul de handicaps extraordinaires qui doivent être traités par la nation de manière spécifique et extraordinaire.

Alors que cette tribune réclamait un sursaut, le gouvernement annonçait, quelques jours après sa parution, plusieurs mesures montrant que rien n’avait été entendu, au contraire : baisse des dotations de l’État aux collectivités locales, donc aux communes, fin des contrats aidés, réduction des aides à la politique de la ville, baisse des APL.

Pour couronner le tout, le congrès des HLM, réuni à Strasbourg fin septembre 2017, avait vu les ministre sifflés et hués en raison, justement, des mesures concernant l’APL qui, du coup, mettaient en danger les offices publics de l’habitat.

Tellement à faire encore

C’est donc dans ce contexte - et pour insister sur l’urgence - que l’appel de Grigny avait été lancé. Mais il suffit de relire les titres de la presse à chaque date anniversaire de cet appel. « Un an après…, il reste tellement encore tellement à faire »                      (Le Parisien du 16 octobre 2018), « Deux ans après l’appel de Grigny, toujours le mépris, toujours la stigmatisation » (Libération du 1er octobre 2019)… « Le virus du décrochage républicain », peut-on lire dans l’Humanité du 16 novembre 2020. Il y a un an, le journal de Jaurès s’intéressait à « ce que demandent les 101 maires de villes populaires qui interpellent Macron ». 

Ces élus, de droite comme de gauche, demandaient au président de la République « d’agir en urgence pour réduire les inégalités dans les zones dites prioritaires et l’effroyable impact de la crise sanitaire dans leurs villes ».

Aujourd’hui, celui que l’on nomme désormais « meilleur maire du monde » et qui était à l’origine de l’appel a de quoi se poser des questions. Il obtient en quelque sorte une reconnaissance internationale (il est nommé ex-aequo avec le maire de Rotterdam) pour son action contre la pauvreté et l’exclusion sociale, mais l’Élysée l’a très peu entendu et les quelques réponses apportées à Roubaix par le président restent loin du compte.

La visite présidentielle et ministérielle dans la ville du Nord clôturait le « Beauvau de la sécurité » et promet d’augmenter substantiellement les effectifs policiers partout en France, et particulièrement dans les quartiers dits « prioritaires ». Certes. Philippe Rio dit n’être pas dupe du calendrier politique (l’élection présidentielle et les législatives de 2022) mais attend toujours que l’on rétablisse un commissariat dans sa ville de près de 30 000 habitants.

Mais au-delà ? La récompense qui vient de lui être décernée lui permettra peut-être de faire accélérer les nombreux autres dossiers : rénovation urbaine, amélioration des conditions de vie, habitat, etc.

Mais pour l’ensemble des quartiers populaires, sur le territoire français, l’égalité territoriale demeure un vrai problème.

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